L’un des copropriétaires du bar Le Constellation, à Crans-Montana, a été placé en détention préventive ce vendredi. Plus tôt dans la journée, le président de la Confédération suisse a appelé à «sanctionner» les «manquements».
Le couple de Français, principaux mis en cause dans l’enquête ouverte après cette tragédie qui a fait 40 morts et 116 blessés, a été entendu par le ministère public à Sion, dans le Valais, pendant plus de six heures, vendredi. «Une nouvelle analyse du risque de fuite a été effectuée de façon détaillée pendant cette séance. Sur cette base, le ministère public a décidé de demander au tribunal des mesures de contrainte: la mise en détention provisoire du gérant», a annoncé le ministère public du canton du Valais (sud-ouest).
«Compte tenu de ses déclarations, de son parcours de vie et de sa situation en Suisse et à l’étranger, le ministère public a estimé que le risque de fuite était concret», a‑t‑il ajouté au sujet de Jacques Moretti, propriétaire d’au moins trois établissements dans la région, connu de la justice française et condamné pour une affaire de proxénétisme en 2008.
Cette privation de liberté était réclamée depuis une semaine par les avocats des familles des victimes, très critiques sur la façon dont la procédure est menée par les autorités cantonales jusqu’à présent, notamment au regard de la liberté concédée au couple de propriétaires.
Au sujet de Jessica Moretti, le ministère public a estimé que «vu son parcours et ses attaches personnelles [… ] une demande de mesures de substitution permettait de pallier le risque de fuite». Ces mesures doivent être confirmées dans un délai de 48 heures par le tribunal des mesures de contrainte, a affirmé à la presse un des avocats du couple, Patrick Michod.
Les Moretti sont officiellement soupçonnés d’«homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence». Au terme de l’instruction ouverte contre les propriétaires, le ministère public du Valais décidera de classer l’affaire ou d’émettre un acte d’accusation en vue d’un éventuel procès. En attendant, la présomption d’innocence prévaut.
Sanctionner les manquements
Plus tôt dans la journée, le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, a appelé les autorités judiciaires à mettre «les manquements au grand jour et à les sanctionner».
«Notre pays est consterné face à cette tragédie. Il s’incline devant la mémoire de celles et de ceux qui ne sont plus, il est au chevet de celles et de ceux qui s’apprêtent à entamer un long chemin de reconstruction», a déclaré M. Parmelin lors d’une cérémonie d’hommage tenue à Martigny, dans le canton du Valais, en présence de nombreux dignitaires suisses et étrangers.
Cette cérémonie, tenue en présence d’un millier de personnes, dont les présidents français Emmanuel Macron et italien Sergio Mattarella – dont les pays ont été particulièrement endeuillés avec respectivement neuf et six morts et de nombreux blessés –, mais aussi Bart De Wever, Maxime Prévot et Hadja Lahbib, a été accompagnée par le tintement des cloches des églises du pays, qui a suivi une minute de silence observée sur tout le territoire.
«Notre pays est et continuera d’être à l’écoute de toutes les familles, de Suisse et de l’étranger, dont cette catastrophe a modifié le cours de l’existence de façon aussi brutale qu’irréversible», a-t-il promis, se disant «touché» et «obligé» par la solidarité nationale et internationale manifestée après la tragédie. Cette catastrophe, selon M. Parmelin, «commande» aux autorités suisses «de tirer tous les enseignements permettant de garantir, jusqu’aux bornes de la raison, un niveau de sécurité optimal dans les établissements accessibles au public».




