Suite à un tweet de Georges-Louis Bouchez menaçant de mettre fin à Good Move, Groen annonce qu’il ne souhaite plus négocier avec le MR dans le cadre de la formation du gouvernement bruxellois.
La formatrice bruxelloise néerlandophone Elke Van den Brandt a indiqué vendredi qu’elle n’entendait plus négocier avec le MR sur les bases actuelles, à savoir sans la moindre prise en compte du projet des écologistes pour une ville verte et vivable pour lequel nombre de Bruxellois ont accordé leur suffrage.
Si les autres partis trouvent que les conditions sont réunies pour négocier de cette façon, nous ne l’empêcherons pas, a-t-elle dit aux côtés de la co-présidente de Groen Nadia Naji.
Groen ne digère pas la « menace » de Georges-Louis Bouchez
Les deux cheffes de file s’en sont prises ouvertement au président du MR qu’elles ont qualifié de « pyromane ». En cause, après l’annonce d’un report de la nouvelle phase de restriction de la zone basse émission, un tweet du président du MR menaçant ouvertement de passer par la voie parlementaire pour une remise à plat du plan de mobilité Good Move, cher aux écologistes.
« La semaine dernière, après trois mois de discussions difficiles et délicates, le MR, le PS et Les Engagés ont délibérément placé une bombe sous la formation du gouvernement bruxellois. Cette bombe a explosé aujourd’hui, faisant sauter la coopération avec les écologistes. Et cela, via un tweet politique. A Bruxelles, l’air est devenu plus sain et les déplacements plus sûrs ces dernières années. Nous avons introduit une zone 30 généralisée, le nombre d’accidents a été fortement reduit. Nous avons réduit le trafic de transit et amélioré la qualité de l’air. Nous avons aménagé des kilomètres et des kilomètres de pistes cyclables et investi dans les transports publics. Le MR veut maintenant casser cette nouvelle ville, trottoir par trottoir, quartier par quartier… Aujourd’hui ils le disent ouvertement. Ils voudraient que nous les soutenions dans cette démarche… C’est impensable », a commenté plus en détail, Elke Van den Brandt.
Celle-ci a dit avoir pris ses responsabilités au cours des derniers mois en travaillant dur, « de manière constructive, en étant attentifs aux difficultés des autres partis, même sans notre parti frère Ecolo, conscients que la gravité du moment nécessitait de sortir de notre zone de confort. Nous avons contribué à la recherche de solutions, en tenant compte des conditions et des vetos… », a-t-elle ajouté.
Au passage, la cheffe de file a encore tenu à dire que là où elle espérait trouver en David Leisterh « un interlocuteur correct, ouvert à la concertation », elle « constate qu’il ne s’agit que de jeux électoraux. Toute tentative d’aborder une discussion de fond est refusée. Si nous tendons la main, elle est mordue. Hier, il s’agissait de la zone de basses émissions. Aujourd’hui, il s’agit de Good Move et de l’habitabilité de notre Bruxelles. Demain, il sera question de la zone 30 ou de la politique climatique… Nous ne laisserons pas faire », a-t-elle conclu.
Vendredi matin, le président du MR, Georges Louis Bouchez avait affirmé sur « X » qu’Elke Van den Brandt « ne peut tenir Bruxelles en otage ». « Les Bruxelloises et Bruxellois ont largement voté pour le report de la LEZ et le retour d’une véritable mobilité dans la région capitale. Si ce blocage perdure, le MR prendra d’autres initiatives parlementaires afin de mettre en œuvre les réformes choisies par les citoyens. En premier lieu, nous mettrons fin à Good Move au Parlement dans les prochaines semaines. L’immobilisme ne pourra jamais être notre choix », avait-il ajouté.
Quelles conséquences ?
Un retrait de la formatrice néerlandophone impliquerait un retour à la case départ des discussions dans le groupe linguistique néerlandophone. Dans pareil cas, la deuxième formation en nombre de sièges est la Team Fouad Ahidar qui devrait dans un premier temps prendre le lead de contacts éventuels. Les libéraux et la N-VA ont déjà fait savoir dès le lendemain des élections qu’ils n’en voulaient pas.
La répartition des forces politiques de l’échiquier néerlandophone ne permet pas de se passer à la fois de Groen (4 sièges) et de la Team Fouad Ahidar (3 sièges), sauf à impliquer le Vlaams Belang (2 sièges). En effet, Vooruit, l’Open VLD, la N-VA (chacun 2 sièges) et le CD&V ne comptent ensemble que 7 sièges. Il en faut 9 pour avoir une majorité dans le groupe néerlandophone (17 sièges).




