Demander d’ouvrir un sac à la sortie d’un magasin: jusqu’ici, seuls les agents de sécurité y étaient autorisés. Le gouvernement propose de généraliser la pratique à tous les commerçants. Le secteur applaudit.
Autoriser la fouille des sacs? La mesure inscrite dans le nouveau «Plan PME» du gouvernement est accueillie «favorablement» par le secteur de la distribution qui «attend des clarifications». En 2023, on recensait 24.000 vols à l’étalage, soit une augmentation de 15% par rapport à l’année précédente. Pour Olivier Maüen, porte-parole du Syndicat neutre pour indépendants (SNI), la mesure est «largement bienvenue. Sans action concrète, il n’y a pas de raison que cette tendance à l’augmentation des vols cesse.»
Ces vols ont une incidence lourde sur les finances des petits commerces. Le SNI estime qu’ils représentent entre 3% et 4% du chiffre d’affaires de leurs affiliés. La situation est particulièrement tendue dans le secteur alimentaire. «On parle de trois millions d’euros de perte de chiffre d’affaires global, précise Sophie Bôval, porte-parole de l’Aplsia, l’Association professionnelle du libre-service indépendant en alimentation, dans un secteur où les marges bénéficiaires s’élèvent à 1,5% voire 2% grand maximum, c’est un vrai fléau.»
«On réclame une procédure claire»
Pour le moment, seules les entreprises qui disposent des moyens financiers suffisants engagent du personnel de sécurité, seul autorisé à effectuer une fouille. «Les petits acteurs ne peuvent pas se le permettre, même si parfois les commerçants d’une rue s’associent pour recourir aux services d’un agent commun.», pointe Olivier Maüen.
Grâce à la nouvelle mesure, les commerçants pourraient désormais eux aussi inviter leurs clients à ouvrir leur sac, ce qui était toutefois déjà largement le cas dans la pratique. Le plan évoque une «ouverture spontanée» et un «accès volontaire à la demande» de la part des clients. Mais si ces derniers refusent, le flou demeure. En effet, la loi n’autorise pas la contrainte: le commerçant peut demander, mais pas forcer le client. Sophie Bôval tempère d’ailleurs l’efficacité du dispositif: «C’est une mesure préventive supplémentaire, on est très content d’avoir été entendu, mais ce n’est pas suffisant. Que faire si un client refuse? On réclame une procédure claire. Les commerçants n’appellent plus la police pour un vol. Ils ne peuvent pas garder quelqu’un sur place trois heures.»
Vers une «hollandisation» de la gestion du vol
De son côté, le secteur voudrait aller encore plus loin et plaide pour une «hollandisation» de la gestion du vol à l’étalage. L’idée? Faire appel à une société externe de recouvrement de créances. Lorsqu’un voleur est pris en flagrant délit, soit il paie l’amende directement, soit la police intervient. A charge pour une société de recouvrement de faire les démarches de percevoir l’amende et d’en reverser une partie au commerçant.
Le «Plan PME» examine de son côté la possibilité de mettre en place un système automatisé d’indemnisation forfaitaire.















