samedi, octobre 3

Consultants, e-commerçants, professionnels de l’import-export ou freelances : de nombreux entrepreneurs belges envisagent de créer leur société aux Émirats arabes unis. Dubaï vient souvent en premier à l’esprit. Mais si vous cherchez à maîtriser votre budget, l’émirat voisin d’Ajman est une option sérieuse.

Voici l’essentiel à connaître avant de vous lancer.

Ajman, l’alternative économique à Dubaï

Ajman est le plus petit des sept émirats. Il se situe juste à côté de Sharjah, à courte distance de Dubaï. De nombreux entrepreneurs y créent leur société tout en vivant ou en travaillant à Dubaï.

Son principal avantage, c’est le coût. Ajman fait partie des émirats les moins chers, aussi bien pour la licence que pour les bureaux. Pour une petite structure qui démarre, l’économie sur le budget annuel peut être importante.

Les Free Zones d’Ajman

Ajman compte plusieurs Free Zones (zones franches), chacune adaptée à des profils différents :

  • Ajman Free Zone (AFZA), créée en 1988 : commerce, import-export, services et industrie. Elle propose aussi une option Offshore.

  • Ajman Media City Free Zone (AMCFZ) : médias, création et conseil. Elle délivre aussi le permis freelance, qui permet de travailler en indépendant sans créer de société, avec un visa de résidence à la clé.

  • Ajman NuVentures : conçue pour les projets numériques qui veulent démarrer rapidement.

Quelle que soit la zone, vous détenez 100 % de votre société, sans associé local, et vous rapatriez librement vos capitaux et vos bénéfices. Pour comparer les options selon votre activité, vous pouvez consulter ce guide pour créer une société en Free Zone à Ajman.

Est ce qu’Ajman correspond vraiment à votre profil ?

Ajman est un bon choix si :

  • votre budget est votre première priorité ;

  • vos clients se trouvent surtout hors des Émirats, en Belgique ou ailleurs en Europe ;

  • vous êtes consultant, freelance, e-commerçant ou dans l’import-export sans gros stock ;

  • vos clients et votre banque n’exigent pas une adresse à Dubaï.

Attention toutefois : une société en Free Zone ne peut pas vendre directement sur le marché local émirien. Pour cela, il faut passer par un distributeur ou ouvrir une succursale sur le Mainland. Si vos clients sont surtout aux Émirats, une société Mainland sera plus adaptée.

Le vrai coût de création de société à Ajman

Il n’y a pas de prix unique : tout dépend de la zone, de l’activité, du nombre de visas et du type de bureau. Quand vous comparez deux devis, vérifiez qu’ils incluent bien :

  • la licence et l’enregistrement de la société ;

  • la carte d’établissement (« establishment card »), qui enregistre la société auprès des services d’immigration ;

  • chaque visa de résidence, avec la visite médicale et l’Emirates ID et la carte d’identité des Emirats ;

  • le bureau : le poste de travail partagé (« flexi-desk ») est la formule la moins chère, un bureau privatif ou un entrepôt coûte davantage ;

  • les éventuelles autorisations propres à votre activité ;

  • le coût du renouvellement l’année suivante.

Demandez toujours un devis écrit et détaillé : un prix d’appel bas peut cacher un renouvellement plus cher.

Une création possible à distance

À Ajman, beaucoup de licences sont délivrées en quelques jours, et la plupart des démarches se font sans vous déplacer. Les étapes sont en général les suivantes :

  1. choisir l’activité et la Free Zone ;

  2. réserver le nom de la société ;

  3. envoyer le dossier, avec la copie du passeport et une photo ;

  4. recevoir la licence ;

  5. obtenir la carte d’établissement ;

  6. demander le visa, puis passer la visite médicale et faire l’Emirates ID une fois sur place.

Avec un visa de résidence aux Émirats, vous pouvez ensuite vivre sur place, ouvrir un compte bancaire et, dans bien des cas, faire venir votre famille. Le compte bancaire professionnel est souvent la dernière étape : la décision revient à la banque, et il faut parfois compter plusieurs semaines.

Et la fiscalité ?

Aux Émirats, les sociétés paient un impôt fédéral sur les bénéfices : 0 % jusqu’à AED 375 000 de bénéfice imposable, puis 9 % au-delà. Une société en Free Zone peut être imposée à 0 % sur ses revenus dits « qualifiants », sous certaines conditions. La TVA est de 5 %.

Côté belge, un point est essentiel : votre résidence fiscale personnelle et celle de votre société sont deux choses distinctes. Si vous gardez votre domicile, votre activité ou des intérêts économiques en Belgique, faites le point avec un fiscaliste ou un expert-comptable belge avant de vous lancer.

En résumé

Ajman est une porte d’entrée économique vers les Émirats, à proximité immédiate de Dubaï et de Sharjah. Il convient surtout aux petites structures tournées vers l’international. Comparez les Free Zones selon votre activité, regardez le coût total sur plusieurs années, et clarifiez votre situation fiscale en Belgique avant toute démarche.

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